The Luang Prabang

Educational School

for Disabled Children

C’est au bout d’un chemin de terre  parsemé de nids de poules que nous atteignons « The Luang Prabang Educational School for Disabled Children ». Le lieu est d’une propreté rare et il y règne une quiétude particulière. C’est dans cette ambiance feutrée que nous rencontrons sœur Vong Sivongsouk.

 

Cette école située dans la périphérie de la ville de Luang Prabang compte une cinquantaine d’enfants malentendants âgés de 8 à 20 ans, qui pour la majorité d’entre eux proviennent de villages éloignés se situant au nord du Laos. Tous sont pensionnaires, et retournent voir leur famille 3 mois, durant la période d’été.

 

Ces enfants ne sont malheureusement pas des cas isolés. En effet, les conditions de vie dans les villages ainsi que les grandes quantités d’agent orange déversés durant la période de la guerre du Vietnam ont largement contribué à multiplier ce type de handicape chez les enfants laotiens.

 

Le centre, qui a vu le jour en novembre 2008 doit faire face tous les ans à de nouvelles demandes de prise en charge, car il est l’un des seuls de ce type sur le territoire, et les cas sont malheureusement nombreux.

Tous les frais engendrés pour la prise en charge d’un enfant (hébergement, scolarisation, matériel scolaire, habits…) sont entièrement supportés par le centre, les parents, n’ayant dans la majorité des cas, pas eux-mêmes les moyens financiers nécessaires d’assurer leur propre subsistance.

 

Les fonds nécessaires au bon fonctionnement du centre proviennent de diverses sources, mais sont principalement des dons d’associations,  d’organisations d’aide, ou d’initiatives privées.  Le problème principal est que ces dons ne sont pas récurrents et demandent une gestion drastique afin de répartir les frais tout au long de l’année.  Pour pallier ce manque de revenu, une des solutions entreprise : « Faire soi-même » : C’est ainsi, qu’en se promenant entre les dortoirs et les salles de classe, on peut apercevoir un grand potager, une petite ferme où sont élevés porcs et poulets, des bassins pour l’élevage de poissons, des bovins broutant paisiblement sous les arbres fruitiers et un petit cabanon pour la culture des champignons.

1. L’organisation du centre

 

Le centre est tenu par 5 sœurs de la Charité de Sainte Jeanne Antide de Thouret, qui sont épaulées au quotidien par des enseignants et quelques bénévoles étrangers. Les enfants présents suivent le cursus scolaire habituel,  si ce n’est que celui-ci se déroule en langue des signes. C’est également ici qu’ils vont apprendre les principes d’éducation de base  et les règles d’hygiène élémentaires.  Après les cours, les enfants jouent au basket, à la pétanque, disposent de la salle de jeux : au programme puzzles, livres, legos, ils passent un peu de temps à cultiver le petit carré de jardin qu’on leur a attribué ou s’occupent des animaux.  En un mot, ils ont enfin la possibilité de vivre une vie d’enfant, au même titre que tous les autres. Tout est parfaitement organisé et les sourires sont légion.

 

 

2. Vers un avenir professionnel

 

Le centre de promotion de la femme

 

Malgré cela, le centre doit faire face à un nouveau challenge. En effet, les enfants ayant terminé leur scolarité n’ont souvent pas beaucoup d’autre choix que de retourner dans leur village, les perspectives d’avenir professionnel restant minces compte tenu de leur handicape.

 

L’insertion dans la vie active reste une problématique de taille. Mais pour l’équipe du centre, il y a une réponse à chaque question. La première d’entre elle a été, la construction du centre de formation « la Promotion de la Femme ».

 

L’établissement est fréquenté par de jeunes adultes issues des minorités ethniques, ainsi que par des pensionnaires du centre. C’est ici que ces jeunes filles auront la possibilité de se former dans des domaines tels que : cuisine, pâtisserie, couture et coiffure.

 

 

3. Et les garçons dans tout ça

 

Tout comme les filles, la réponse à la marginalisation de ces enfants lors de l’entrée dans la vie active reste la formation professionnelle. Plusieurs actions sont organisées au sein du centre afin de former ces jeunes adultes, mais aucune structure n’existe à l’heure actuelle.

 

Aujourd'hui, ils apprennent donc directement sur le terrain, par exemple en aidant les maçons lors de l’agrandissement des dortoirs, en apprenant à utiliser des outils de jardinage lors de l’entretien du terrain, ou des scies et des perceuses lorsque de petits travaux de réfection sont entrepris. Certains d’entre eux suivent une formation technique dans une école, mais cela requiert un traducteur en langue des signes présent avec eux pour tous les cours (organisation lourde et coûteuse).

 

Une école technique où les métiers du bois, de la mécanique et le travail du métal est en projet sur le terrain du centre, mais cela prendra du temps avant que ce dernier voit le jour.

 

L’ASAS a débuté sa collaboration avec le centre dans le but de promouvoir la formation au sein de l’établissement afin que la place que les enfants ont trouvée au sein du centre perdure une fois à l’extérieur.

 

 

 

 

 

 

Un peu de culture :

 

Les sœurs de la charité :

 

Instituées en 1633 par saint Vincent de Paul, elles se consacrent au service des malades et au service corporel et spirituel des pauvres. La première sœur fut une vachère Marguerite Naseau qui se consacrait depuis sa jeunesse à l'alphabétisation des petites filles.

 

Durant tout le XIXe siècle, et jusqu'aux années 1960, les sœurs de Saint Vincent de Paul ont été des auxiliaires de santé dans les hospices et les asiles. Elles le furent d'abord massivement. Puis, à partir de 1920, elles furent remplacées peu à peu par des infirmières, par des infirmiers psychiatriques et par des aides-soignantes laïques.

 

Cette société de vie apostolique est aujourd'hui présente partout dans le monde et compte environ 20.000 membres. De nombreuses Filles de la Charité vivent selon ce précepte sous des formes diverses, accompagnant des femmes, enfants, jeunes, migrants, personnes malades, handicapées, âgées, sans abri, dépendantes… Outre les services de santé, la formation de la jeunesse fait partie intégrante de leur mission.